La baie de Somme est fréquentée depuis l’antiquité…
C’est un abri en cas de coups de vent
C’est un accès aux terres intérieures, pour commercer…
A l’origine, de petites bourgades de pêcheurs bâties le long du rivage
Aujourd’hui, des ports St Valery, Le Crotoy et Le Hourdel…
Au jour naissant, « Sans Peur », un petit caboteur à destination de St Valery
est arrivé en vue de Cayeux-s/mer…
BANCS DE SABLE-BANCS DE SOMME, CHENAUX SINUEUX
L’équipage est atterré …
En principe
Les chenaux de navigation permettent un accès naturel aux 3 ports.
Mais ces chenaux divaguent au gré des vents et marées…
Que faire ?
Tracer un chemin d’accès aux ports…
Pour sécuriser l’accès aux ports de la baie de Somme
Une recette unique depuis la nuit des temps
Repérer régulièrement le nouveau tracé des chenaux
Y déposer des marques de balisage pour permettre la navigation
Une bouée rouge à bâbord, une verte à tribord…
Et ainsi de bouée en bouée…
L’équipage du « Sans Peur » applaudit,
Le chemin est sécurisé …
Perches, tonnes, bouées
Selon Eugène Lomier
Au moyen âge, déjà, les chenaux de la baie étaient jalonnés de perches
Puis au XIXème siècle, de tonneaux en bois ou tonnes.
Au début du XXème siècle de bouées en plaques de métal riveté puis soudé…
Fin XIX ème, apparition des premiers baliseurs
C’est quoi un baliseur ?
Un navire dimensionné et équipé pour déposer des marques de balisage le long des chenaux afin de sécuriser la navigation.
Tous en bois !
Les tous premiers baliseurs sont à voile, ils mesurent environ 8m.
Ils se nomment : « La Fanoche », « Pilote », « Somme ».
En 1937, « La Somme », 12m, premier baliseur à moteur.
Tous une fin tragique !
Disloqués, brisés, épuisés, coulés en moins de 10 ans…
Le 29.5.1935, Francis Dallery, subdivisionnaire des Ponts et Chaussées à St Valery, écrit :
« Le bateau-baliseur « Somme » fait de l’eau en service particulièrement après les manœuvres de levage des corps-morts de bouées, ces rentrées d’eau rapides proviennent de ce que toute la coque se déforme sous les efforts de levage »
Et oui…
Déplacer une bouée consiste à extraire son corps-mort des sables ce qui transmet un effet de torsion au baliseur qui peut atteindre 6 tonnes.
Un corps-mort, brrr…, c’est quoi ?
Bloc de béton de 100 à 500 kg posé au fond de l’eau
Relié par une chaîne à une bouée pour la maintenir en position…
Les corps-morts déposés au fond de l’eau s’enfoncent dans la vase au rythme des marées, ce qui rend leur extraction difficile…
De même, dans son courrier, du 2.5.1947, l’ingénieur Fertin écrit :
« Lorsqu’on manœuvre le treuil, la proue plonge, l’arrière sort de l’eau et la coque subit un effet de dislocation dangereux »
Harassant
Le labeur des marins baliseurs
Dans les années 30
Il est courant d’apercevoir dans la baie une grosse embarcation…
Des marins la manœuvrent à l’aviron…
A ce propos, Théo Varlet, romancier écrit :
« Ne voit-on pas aujourd’hui encore sur le chenal, les lamaneurs tirer l’aviron tels les marins d’Ulysse, debout dans leur bateau qui traîne en remorque, pareille à la dépouille de quelque cétacé rouge et ventru, une bouée peinte au minimum, qu’ils vont mettre en place dans les passes de l’estuaire »