A terre, des hommes au service du balisage
Charles Paul VALLOIS, chargé en son temps, à terre, du balisage du SOMME II, témoigne :
« Donner aux marins du SOMME II, les moyens de baliser la baie, c’était mon boulot… »
Charles Paul poursuit,
« De 1993 jusqu’à 1999, j’ai été préposé au balisage administratif pour le SOMME II.
Des tâches bien précises m’étaient assignées.
Tout d’abord, fournir le matériel et l’avitaillement indispensables aux marins du baliseur :
bouées, corps-morts, chaînes, peinture, gasoil, huile moteur…
Ensuite, solliciter, chaque fois que nécessaire, le permis de navigation auprès des
Affaires Maritimes.
Sans oublier d’assurer la réalisation des travaux de carénage, grand carénage et plus si utile.
Ebaucher enfin les plans de balisage à partir des relevés, pour les navigateurs du lieu. »
Balisage, véritable travail d’équipe, terre-baie…
Pendant ces 6 années, Charles Paul
a su mettre en musique cette partition de balisage avec brio,
il en a ressenti une certaine fierté.
En baie, sur le baliseur SOMME II, cinq marins au service d’autres marins de la pêche,
du commerce et de la plaisance.
Paule PORQUET a écrit…
« Au pied de mer, les navires piaffent d’impatience dans l’attente du flot. Aux abords, les bancs de Somme se dorent au soleil.
La mer gonfle, les navigateurs repèrent l’ATSO, puis CH’3, la porte de la baie de Somme, flanquée de 2 tonnes à ballons, à tribord S1 la verte et à bâbord S2 la rouge.
L’onde-marée déferle sur l’estran et engloutit rieux, vasières, mollières en vive-eau.
TOP DEPART…
Les embarcations petites et grandes se faufilent le long du chenal de la Somme et remontent la passe de bouée en bouée, surfant sur les vagues, emportées par de puissants courants.
A tribord, la pointe du Hourdel et son bec crochu qui abrite le port et l’anse aux morts, j’en frissonne… Le périple se poursuit, au loin, la BIF, en robe jaune et noire, indique à bâbord ch’passage du Crotoy, à tribord le chenal de St Valery.
Un dernier effort, le dénouement est proche pour un accostage prévu au port du Hourdel, du Crotoy ou de St Valery avant que le jusant ne se retire vers d’autres horizons.
A St Valery, sous l’œil bienveillant et satisfait du baliseur SOMME II, les navires dans un ballet continu, abordent le quai et débarquent « seutrelles et pichons » pour les uns, d’exotiques marchandises pour les autres… »
A tendre l’oreille, on entendrait presque le vaillant baliseur grommeler dans ses moustaches,
« Bravo les gars, vous, les marins du balisage, René, Robert, Yves, Jean Charles… ».
GLOSSAIRE
Bouée Lumineuse rouge et blanche
Repère placé au milieu de l’estuaire pour en signaler l’entrée.
Jusqu’en 1970, Bouée à clock ou à cloche nord, bouée munie d’une cloche à son variable selon l’agitation de la mer.
Passage nord-ouest de la Baie emprunté par les marins crotellois.
Ch’4 a remplacé Ch’noroit aujourd’hui ensablé.
Passage utilisé par les marins valéricains et cayolais, aujourd’hui disparu car emprisonné par les renclôtures.
Chenal principal, voie d’accès naturel au Port du Hourdel, du Crotoy, de St Valery.
Voie d’accès naturel au Port du Crotoy
Ces 2 bouées indiquent l’entrée du Chenal de la Somme
Bouée jaune et noire,
Repère de bifurcation entre le Chenal du Crotoy et le Chenal de la Somme,
Les marins valéricains l’appelaient « La Tonne griolet » et crotellois « La Tonne Bariolet ».
En baie de Somme, croisaient sauterelliers et caboteurs, tous suspendus au balisage de SOMME II, ce navire de travail qui avec ingéniosité marquait les chenaux.
Marins du SOMME II, marins-pilotes, marins-pêcheurs, marins du commerce
Tous marins
Ils se côtoyaient, s’appréciaient, se défiaient…
Alain LAMIDEL décrit avec humour les joutes verbales…
Entre marins du balisage et marins-pêcheurs
Yves LAMIDEL précise,
« Entrer et sortir les cargos de la baie…
C’était le rôle assigné aux pilotes et parfois aux « pratiques »… »