Dans les années 50, de nombreux sauterelliers sillonnent la baie.
Les pêcheurs mènent une vie de labeur et souvent de malheur, ils déplorent chaque année de nombreux disparus en mer.
RENE NORMAND écrit :
« Leur vie d’aventures et d’aléas, c’est là-bas qu’ils la vivent, là-bas sur la Mer, dont la bande bleu sombre tranche sur les gris subtils de la baie… ».
Cette vie très rude des pêcheurs de la baie de Somme est chantée
par des femmes et filles de marins valéricains…
Déjà en 1886, ANATOLE FRANCE, portait de l’intérêt à ce quartier de pêcheurs valéricains.
DAVID DELANNOY nous le raconte :
« En Août 1886, Anatole France, en villégiature à Saint-Valery, découvre le Court-Gain et le petit peuple de la mer. Le long des ruelles pentues, encombrées de filets, il y rencontre des pêcheurs âpres à la besogne et des femmes livrées à l’attente et au deuil.
Au bord de la grève, l’écrivain assiste à une antique scène de pêche. Des hommes au teint buriné, enfouis à mi-cuisse au bord du chenal, tentent d’harponner des carrelets et des soles tandis que des rabatteurs tambourinent les flots « à grands coups de gaule ».
Sous sa plume alerte, on découvre l’univers de la mer, source de vie, de malheur, parfois de maigre joie. On parcourt avec lui la sauvage beauté du cap Hornu ; dans ses pas on visite la chapelle des Marins, ombragée par des ormes séculaires et sur laquelle un ermite deviendra à jamais « l’ami des bateliers de la Somme ».
Haut perché, le Courtgain domine la baie,
il mire au loin les voiles puis les mâts de retour de la pêche.
Ses ruelles et ses venelles pentues lui offrent une belle respiration. Ses petites maisons
modestes se serrent les unes contre les autres comme pour affronter le pire.
La Vierge des Roches
protectrice des pêcheurs du Courtgain
En ces temps reculés, vivait dans la forêt du Cap Hornu, une « Fée ». Les pêcheurs craignaient, par-dessus tout, ses terribles colères.
Tyrannisés, les pauvres pêcheurs !!!
Un jour arriva un moine venu de l’est, « Gualaric », missionné pour évangéliser les habitants de Leuconaus. La « Vierge » appelée « Madone des Roches » remplaça peu à peu la « Fée » dans le cœur des pêcheurs.
Evangélisés, les pêcheurs de Leuconaus !!!
La « Fée », jalouse, piqua une colère mémorable et décida d’engloutir quatre barques de pêcheurs dans une horrible tempête.
Quelques pêcheurs, paniqués, firent des offrandes à cette « Fée » maléfique pour apaiser son courroux…
Mais hélas, peu de temps après, un sinistre ouragan s’abattit avec force sur les fragiles embarcations des pêcheurs.
Voilures, rames et gouvernails brisés !!!
Les pêcheurs désespérés, promis à une mort certaine, aperçurent à l’horizon le visage de la « Vierge », auréolée d’une douce lumière. La « Vierge » les guida jusqu’à la grève à l’abri de tout risque.
En souvenir de ce miracle la « Vierge des Roches » devint la protectrice des pêcheurs de Leuconaus puis de St Valery, une statue fut érigée dans le Courtgain, rue Roche Madone.
Le Calvaire des marins
Lieu de mémoire, amer et belvédère
Le Calvaire des marins, installé sur un promontoire au cœur du Courtgain, a été érigé il y a plus de 200 ans et restauré en 1990.
Lieu de mémoire,
pour les marins péris en mer.
Amer,
point de repère fixe, remarquable, identifiable, utilisé pour la navigation en baie.
Belvédère,
pour les femmes et enfants de marins venus scruter le retour des sauterelliers.