LES PORTS DE LA BAIE
AUTREFOIS…

© Pierre Prins

La baie de somme
Un espace maritime depuis longtemps colonisé

Depuis l’antiquité, l’espace maritime de la baie de Somme attire en ses bras : pirates, guerriers, navigateurs, pêcheurs, marchands…

Ainsi l’exprime René NORMAND,

« …Cette baie est le lieu d’un rendez-vous : celui de la vague sauvage et du cours d’eau, l’une soudainement apaisée par tant de beauté sereine, l’autre tout à coup tenté par l’inconnu. Par le dédale secret du chenal tortueux et de ses ramifications, ils se cherchent et se pénètrent. Comme eux firent les hommes. Ceux qui vinrent ici par la mer, ceux qui s’y embarquèrent, pour les unions et pour les heurts, écrivirent l’histoire du lieu… ».

© Francis DALLERY

Dans les temps reculés, la baie de Somme avait un autre visage

Les Bas-Champs étaient totalement immergés…

Au milieu de ce bel espace maritime émergeaient des étendues de terre ferme

Une île accueillit St Valery

Des îlots, Le Crotoy, Cayeux, puis Le Hourdel

St Valery,
de l’antique Leuconaus

De tout temps, le site de St Valery a été propice à l’installation humaine

Une île escarpée positionnée à l’entrée de l’estuaire, un abri pour toute embarcation…

Dès la préhistoire, ce promontoire fut colonisé. 700 ans avant notre ère, les grecs s’y seraient établis  et l’auraient appelé « Leuconaus » (vaisseau blanc), deux siècles plus tard les gaulois s’y seraient fixés. Conquis par les romains en -52, le port se développa dans l’anse entre Ville Haute et Ferté.

© Alejandro Botero

Au VIIe siècle, St Valery, qui donnera son nom à la ville, vint fonder une abbaye qui attira l’implantation de nouvelles habitations, la ville Haute était née, construite sur la falaise.

La ville Basse ou La Ferté (Ferté de firmitas / fermeté – terre ferme) doit son origine aux pêcheurs qui s’installèrent le long du rivage au pied de la falaise.

Au Xe siècle, St Valery est déjà un actif port de pêche et un abri très réputé.

Le Crotoy, à « cro » ?

Depuis l’embouchure de la Canche, jusqu’au cap de Noyelles s’étendait un vaste estuaire de sable et de marais que la mer envahissait à chaque marée, il était formé d’une multitude d’îles inabordables…

Le Crotoy est né pratiquement en même temps que le banc de sable sur lequel il est édifié aussitôt le dépôt limoneux raffermi, des pêcheurs vinrent l’habiter…

Les celtes séjournèrent un temps à l’embouchure de la Somme

Ils appelaient « crot » un banc de sable formant abri

Mais « crot » viendrait également du celtique « cro », boue

Or près du « crot » où fût édifié Le Crotoy, il y avait un sol de boue formé de ravins…

© Alejandro Botero

La première ville du Crotoy, d’origine celtique se nommait « Mayoc », port de la Maye. Un des bras de la Maye se jetait à la mer en longeant un massif de galets d’une bonne hauteur nommé « barre-mer » lequel formait un havre ou « hoc »

 d’où le nom de « Maye-hoc » puis « Mayoc »…

Les romains désireux de commander l’entrée de la baie, s’y installèrent

Par un jour de tempête, une tranche du banc fut entamée et les eaux balayèrent la ville gallo-romaine, des siècles durant de nombreux vestiges hantèrent les sables de la grève…

Le barre-mer maintenant sectionné comprenait deux parties

Celle tronquée accueillit de nouvelles habitations et conserva le nom de « Mayoc »

L’autre qui formait une butte isolée ou un « crot » fut nommée Crotoy

Cayeux, à l’origine

Un îlot, ou « heurt » ou « hoc », au milieu des Bas Champs

Et voilà que naît Cayeux…

Peu à peu cet îlot se soudera aux anciennes rives…

Cet ancien port d’échouage a porté des noms multiples

Caldus, nom antique,

Puis Caldis au VII ème siècle

A Caïeu au XIVème et enfin Cayeux sur Mer au XIXème

© Alejandro Botero

Jusqu’au début du XXème siècle

Les cayolais sont le plus souvent pêcheurs

 Mais leur barque échoue sur la plage de galets

Le poisson est débarqué avec l’aide de chevaux attelés…

Les barques vont ensuite mouiller au port du Hourdel…

Le Hourdel en pointe

Entre Le Crotoy et Le Hourdel, s’ouvre la Baie de Somme

Le Hourdel, en picard…

« Chu Hourdiau – Chu Hourte iau – Le Heurte iau – Le Heurte l’eau »

Heurter… la Pointe du Hourdel joue réellement un rôle de heurtoir, un cap qui heurte l’eau…

© Alejandro Botero

Le regard qui se porte au loin sur le rivage du Hourdel, aperçoit de nombreux cordons de galets enroulés, façonnés par la mer.

D’où proviennent ces innombrables galets ?

Les galets sont des fragments de silex roulés

Ils proviennent de la destruction des falaises du Cap d’Antifer à Ault…

Ces falaises, composées principalement de craie, comportent entre les diverses couches superposées, des lits de silex.

© Francis DALLERY
© Francis DALLERY

Ces galets sont mobiles, véritables jouets de la mer

les lames les soulèvent et les chassent le long des côtes formant des cordons de galets qui s’enroulent depuis des siècles les uns auprès des autres.

Et c’est ainsi que par éperons successifs les galets ont progressé depuis les falaises jusqu’à la Pointe du Hourdel, extrémité recourbée du cordon de galets.

Sur ces amas de galets et de sable furent implantées les premières maisons de pêcheurs.

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